Spiruline, « détox » et foie

7 janvier 2021

Le foie, impliqué dans plus de 300 fonctions vitales, est un organe dont il faut prendre soin. Il permet notamment la formation de la bile et la filtration du sang, deux processus essentiels qui soutiennent la détoxication de l’organisme. Dans les médias, la spiruline est souvent décrite comme un aliment efficace dans la détoxication mais aussi parfois comme un risque potentiel pour le foie. Quelle est la vérité ? Comment démêler le vrai du faux ?

La spiruline : détox ou intox ?

La spiruline est caractérisée par les médias comme aliment « détox ». Sa consommation permettrait de renforcer le processus naturel de détoxication du foie et favoriserait l’élimination des toxines. La chlorophylle, présente à une teneur de 1% dans la spiruline, est souvent l’actif cité comme étant à l’origine de cet effet « détox ». On trouve certes dans la littérature quelques études sur le sujet [1, 2] ; mais ces études sont bien loin de constituer des preuves suffisantes démontrant l’efficacité détoxifiante de la spiruline chez l’homme.

Les chercheurs et les médecins affirment que le principe même de la cure détox pour l’élimination des toxines n’a aucun sens d’un point de vue scientifique et qu’il n’existe aucune preuve clinique pour soutenir cette idée [3, 4]. Il a bien eu quelques études réalisées sur le sujet sur l’humain [5­-9]. Cependant, le manque de données et les mauvaises méthodologies présentées dans ces études font planer une incertitude sur la validité des résultats. Ainsi, entre 2008 et 2012, une soixantaine d’allégations santé portant sur des plantes ou des substances revendiquant un effet “détox” ont été soumises à l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) [10]. Cette agence les a toutes rejetées, soit en raison d’un effet revendiqué trop imprécis, soit d’une relation de cause à effet non établie, ou encore d’un manque de données scientifiques pertinentes. Il faut cependant noter que l’absence de preuve d’un effet ne signifie pas forcément l’absence de l’effet.

La spiruline n’a donc pas de propriétés détoxifiantes prouvées. Mais qu’en est-il de son impact sur le foie ?

 

La spiruline, un danger pour le foie ?

En France, pour protéger la santé des consommateurs, l’ANSES a mis en place et coordonne depuis 2010 le réseau « nutrivigilance ». Celui-ci recense tous les effets secondaires survenus après la prise d’un complément alimentaire, d’un aliment enrichi ou d’un nouvel aliment. Entre 2010 et 2017, seulement 3 cas de suspicion entre spiruline et anomalie du foie (hépatite, cytolyse, cholestase) ont été recensés.

  • Après instruction, l’ANSES a conclu à une imputabilité faible de la spiruline dans l’apparition de l’hépatite chez un sujet masculin de 43 ans.
  • Un cas de cytolyse et un cas de cholestase ont été enregistrés via les centres antipoisons sans que la relation cause à effet avec l’ingestion de spiruline n’ait été clairement établie.

Au regard des faits et des conclusions décrites ci-dessus et ce rapporté à la consommation française de spiruline estimée à plus de 2000 tonnes sur cette période, il semble justifié d’écrire que la spiruline ne présente pas de danger pour le foie et ce encore moins à la dose journalière préconisée de 3g à 5g.

 

La spiruline, un protecteur du foie ?

De nombreuses affections peuvent nuire au bon fonctionnement du foie. Elles peuvent résulter de de virus, d’anomalies génétiques, de désordres métaboliques mais aussi de toxiques exogènes comme les médicaments ou les polluants présents dans l’alimentation ou dans l’environnement. Un grand nombre d’études scientifiques démontre que la spiruline permet de protéger et de régénérer les cellules du foie :

  • Des études in vivo sur le rat ont mis en évidence que la spiruline limite la toxicité hépatique des médicaments tels que le paracétamol [11] ou le cisplatin [12] mais aussi de certains polluants comme le tétrachlorure de carbone [13-14] ou le chlorure de mercure [15]. La supplémentation en spiruline entrainant une diminution des niveaux des enzymes transaminases, principaux marqueurs de la souffrance hépatique, ainsi qu’une diminution des lésions hépatiques (vacuolisation, nécrose, dégénérescence, …) [12]. Il semblerait que ce soit les caroténoïdes et les polyphénols présents dans la spiruline qui auraient un rôle de protection des cellules du foie.
  • Plusieurs études sur l‘homme confirment qu’une supplémentation en spiruline sur une période longue (entre 3 et 6 mois) entraine une diminution des niveaux des enzymes transaminases sériques et préserve l’ultrastructure des hépatocytes chez des personnes atteintes d’hépatite virale [16] ou de maladies hépatiques grasses non alcooliques [17-18]. Elles mettent également en évidence une amélioration du profil lipidique chez les personnes supplémentées à la spiruline ; laissant penser que la spiruline pourrait être un complément efficace au traitement des patients souffrant de NAFLD, voir même de troubles dyslipidémiques.

Sans danger pour le foie, la spiruline possède même de fortes propriétés hépatoprotectrices qui permettent de le protéger.

 

Attention cependant…

Il est déconseillé aux personnes atteintes d’hémochromatose de consommer de la spiruline. Cette maladie génétique assez rare se caractérise par une hyperabsorption intestinale du fer alimentaire. Or comme expliqué dans notre article Le manque de fer et la spiruline, la spiruline est très riche en fer assimilable. Une consommation d’ingrédients trop riches en fer chez ces personnes peut entrainer une surcharge en fer et une impossibilité par leur foie de l’éliminer. Ce fer, s’accumulant dans les organes, peut engendrer des atteintes sévères telles qu’une cirrhose hépatique conduisant au cancer du foie ou à une insuffisance cardiaque, susceptible de provoquer une mort prématurée. Une alimentation adaptée voire la réalisation de saignées (prélèvement sanguins) peut heureusement permettre à ces personnes de réguler leur taux de fer.

Si la spiruline «ne semble pas présenter de risque sanitaire à de faibles doses (jusqu’à plusieurs grammes par jour chez l’adulte), elle peut en revanche être contaminée par des cyanotoxines, des bactéries ou des éléments traces métalliques » [19]. Tous ces éléments sollicitent fortement les capacités de filtration du foie. Il est donc important de bien sélectionner la spiruline consommée. L’ANSES recommande de « privilégier les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés, et pour la France ceux qui sont en conformité avec la réglementation, pour lequel il y a une traçabilité et une identification du producteur » [19].

 

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Références

[1] Yang UJ. et al. 2013. Protective effect of chlorophyllin and lycopene from water spinach extract on cytotoxicity and oxidative stress induced by heavy metals in human hepatoma cells. J Toxicol Environ Health A. 76(23), 1307-1315.

[2] Takuya Uchikawa et al. 2011. Enhanced elimination of tissue methylmercury in Parachlorella beijerinckii-fed mice. The Journal of Toxicological Sciences. 36(1), 121-126

[3] Cohen M. 2007. Detox: science or sales pitch? Aust Fam Physician 36, 1009 – 1010.

[4] Ernst E. 2012. Alternative detox. Br Med Bull. 101, 33 – 38.

[5] Schnare DW, Robinson PC. 1986. Reduction of the human body burdens of hexachlorobenzene and polychlorinated biphenyls. IARC Sci Publ. 77, 597 – 603.

[6] Rea WJ. et al. 1996. Reduction of chemical sensitivity by means of heat depuration, physical therapy and nutritional supplementation in a controlled environment. J Nutr Environ Med. 6, 141- 148.

[7] Imamura M, Tung TC. 1984. A trial of fasting cure for PCB-poisoned patients in Taiwan. Prog Clin Biol Res. 137, 147 – 153.

[8]  Klein AV,Kiat H. 2015. Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence. J Hum Nutr Diet. 28(6), 675-686.

[9] MacIntosh A, Ball K. 2000. The effects of a short program of detoxification in disease-free individuals. Altern Ther Health Med. 6(4), 70-76.

[10] Allégations de santé « fonctionnelles génériques » au titre de l’article 13. Disponible sur www.efsa.europa.eu

[11] Kuriakose GC, Kurup MG. 2010. Hepatoprotective effect of Spirulina lonar on paracetamol induced liver damage in rats. Asian J Exp Biol Sci. 1, 614-623

[12] Bhattacharyya S, Mehta P. 2012. The hepatoprotective potential of Spirulina and vitamin C supplemention in cisplatin toxicity. Food Funct. 3, 164-169

[13] Murthy KN et al. 2005. Comparative evaluation of hepatoprotective activity of carotenoids of microalgae. J Med Food. 8, 523-528

[14] Kepekçi RA et al. 2013. Protective effect of Spirulina platensis enriched in phenolic compounds against hepatotoxicity induced by CCl4. Food Chem. 141, 1972-1979

[15] Bashandy SA et al. 2011. Hepatoprotective and hypolipidemic effects of Spirulina platensis in rats administered mercuric chloride. Afr J Pharm Pharmacol. 5, 175-182

[16] Yakoot M, Salem A. 2012. Spirulina platensis versus silymarin in the treatment of chronic hepatitis C virus infection. A pilot randomized, comparative clinical trial. BMC Gastroenterol. 12, 12-32.

[17] Mazokopakis E et al.  2014. The hepatoprotective and hypolipidemic effects of Spirulina (Arthrospira platensis) supplementation in a Cretan population with non-alcoholic fatty liver disease: a prospective pilot study. Ann Gastroenterol. 27(4), 387-394.

[18] Ferreira-Hermosillo A  et al. 2010. Hepatoprotective effects of Spirulina maxima in patients with non-alcoholic fatty liver disease: a case series. J Med Case Rep.  7, 103.

[19] Avis de l’Anses relatif aux « risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la spiruline » Saisine n° 2014-SA-0096